Objectifs

Pourquoi réparer plutôt que jeter ?

 

Pour réduire l’impact sur l’environnement de notre consommation

La production d’un appareil utilise une grande quantité de ressources et d’énergie (extraction et transformation des matières premières, fabrication, transports). Sans compter les pollutions générées par le processus de production (notamment les émissions de CO2). La fabrication d’un téléphone portable de moins de 200 grammes, par exemple, demande le transport et le traitement de plus d’une tonne de matière première [1]. La production de coton d’un jean nécessite environ 10’000 litres d’eau [2]. Utiliser un objet le plus longtemps possible, en le faisant réparer notamment, évite ou retarde l’impact environnemental de la production d’un nouvel objet. Il permet aussi d’« amortir » en quelques sortes cet impact environnemental sur la durée. Cela se justifie d’autant plus dans un monde fragilisé, aux ressources limitées, nécessitant une baisse drastique des émissions de CO2 pour limiter le réchauffement climatique.

Pour réduire l’impact social de notre consommation

Le prix relativement faible des objets incite à les remplacer fréquemment, quand bien même ils seraient encore fonctionnels ou réparables. Outre ses impacts sur l’environnement et sur la qualité, ce modèle de production et de consommation d’objets à très bas prix a un coût social sur celles et ceux qui les fabriquent. Elle induit une pression négative continue sur leurs salaires et leurs conditions de travail. Les cas de situations problématiques dans les usines de fabrication sont régulièrement dénoncés par les syndicats et les ONG [3]. Choisir des objets plus durables et réparables est une manière de retrouver la vraie valeur des objets et de sortir d’un modèle de production et de consommation qui affecte la vie et la santé de milliers de travailleuses et travailleurs dans le monde.

Pour renforcer une économie locale durable

Par leur travail, les entreprises, commerces et artisan-e-s actif-ve-s dans la réparation d’objets de toutes provenances et hors garantie contribuent à prolonger la vie des objets et ainsi à réduire l’impact de la consommation. Pouvoir réparer des objets sur place fait aussi partie de la qualité de vie des habitant-e-s d’une ville. Les activités locales de réparation sont aussi génératrices de richesse et d’emplois locaux socialement utiles. Les réparations de vélos génèrent autour de 300 millions de francs en Suisse chaque année [4]. Aujourd’hui ces activités ne sont pas aisées du fait de la concurrence du neuf très bon marché, du refus de certains fabricants de fournir des pièces de rechange, de la fabrication par certaines marques d’objets non réparables. Faire réparer ses objets permet de maintenir et renforcer des acteurs économiques locaux qui contribuent au développement durable.

Pour diminuer le volume des déchets

Le modèle de production et de consommation consistant à remplacer rapidement les objets par des nouveaux, souvent « bon marché », produit également un grand volume de déchets, dont le traitement et l’élimination engendrent à leur tour pollutions, dépenses d’énergie, pertes des matériaux non recyclés. Sans parler de la complexité pour recycler le grand nombre de métaux rares utilisés dans les appareils électroniques comme les téléphones portables. Le marché du meuble n’est pas épargné par le développement de ce modèle du « prêt à jeter ». En Ville de Genève, le service responsable de débarrasser les objets encombrants a collecté en une année plus de 71'000 meubles [5]. Prolonger la durée de vie des objets, en les faisant réparer notamment, contribue à ralentir et réduire la production de déchets. Cela diminue les impacts environnementaux liés à leur traitement et à leur élimination, et également les coûts pour les collectivités publiques qui sont chargées de cette tâche.

Notes:

1.  Dossier "Les technologies de l’information et de la communication et l’impératif de la sobriété." La Revue durable, n° 49, juin-juillet-août 2013, p. 28. Citant : Rapport technique de l’organe de contrôle. SENS, SWICO Recycling, RSLS, 2011, p.17.
2.  www.waterfootprint.org
3.  Pour le secteur de l’habillement, voir la campagne de Public Eye sur les vêtements; pour l’informatique et les téléphones portables, voir la campagne d'Action de Carême et Pain Pour le Prochain.
4.  Estimation fournie par l’Office suisse de conseils pour les deux roues (OSCD) en avril 2014.
5. Données calculées d’après les statistiques du Service Voirie – Ville propre de la Ville de Genève pour la période du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016.